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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 21:00

033 - Leonie 1 jourJ’le sentais, que ça allait arriver.
Je l’avais bien dit!

Le 23 novembre, à la requête de Sophie MM sur Facebook, je poste une photo de mon profil, et donc de mon gros ventre rond. «A mon avis c’est une question de jours, là, j’me donne une semaine MAX» ai-je ajouté en commentaire.
Le gynéco avait dit «le 24-25 novembre», selon lui.
Depuis le début, je disais «c’est pour le 10 décembre mais à mon avis ça viendrda avant, parce que Naska est née une semaine avant la date prévue et que ce bebe-ci est plus gros.»
Et puis ces derniers jours, mon handicap physique total (quasi incapacité de marcher), et les douleurs récurrentes dans les reins me laissaient entendre que bébé était dans les starting blocks.

Il y a deux ans, le matin de mon accouchement, j’avais ressenti quelque chose de nouveau : à 5h du matin, des vagues douloureuses dans le dos. Je n’avais pas identifié immédiatement cela comme des contractions, puisque tout le monde disait qu’une contraction, c’était dans le ventre (et ça ne me paraissait pas incohérent).
Les heures passant, la douleur était devenue intenable (je devais serrer les dents et me me mettre à plat ventre pour que ça soit supportable) et venait par vagues de plus en plus régulières, au point que j’ai commencé à chronométrer et à me dire que ça ressemblait drôlement aux fameuses contractions d’accouchement : une minute de douleur en vague, toutes les 5 minutes.

Bon.
Depuis quelques jours, donc, il m’arrivait de ressentir ce tiraillement dans les reins. Désagréable, mais pas douloureux à proprement parler. Davantage comme un mal de dos quand on est mal installé, quoi. Quelque chose d’un peu enfoui, qui finit par passer.
Mais c’était très clairement situé dans les reins, et très clairement fluctuant, bien qu’impossible à chronométrer car trop irrégulier et pas assez intense pour être notable. Bref, «ça travaille, me disais-je. Bébé ne va pas tarder. Plus que quelques jours...»

Le soir du 23 novembre, à 22h30, Jimmy va se coucher.
Je ne l’accompagne pas, je suis plongée dans la confection de la robe de princesse violet-et-argent de Naska, et j’ai pas envie de poser mon ouvrage. En plus je regarde Desperate Housewives et je me demande si Catherine Mayfair va parvenir à accuser Mike Delfino de son faux meurtre, bref, plein d’excellentes raisons de rester éveillée à me piquer les doigts plutôt que d’aller au lit.
Je finirai par céder à la fatigue à 2h du matin.
Le jour du 24 novembre, je suis un peu dans la mélasse, fatiguée, car je suis levée par Naska à 8h30, peu importe mon heure de coucher. Je la dépose chez la nounou et rentre à la maison. La tentation de me recoucher est forte, mais je me dis que si je le fais, je vais roupiller jusqu’en début d’aprème, et que la journée sera passée sans que j’ai pu en profiter. Du coup, je retourne en compagnie de Suzanne, Gaby, Lynette et Bree, et reprends mes travaux d’aiguille.
Le 24 novembre au soir, lorsque Jimmy va se coucher, la tentation est forte de rester veiller, à nouveau. Je me dis que je pourrais encore avancer dans les épisodes et dans la couture.
Et puis je me dis aussi ceci : «c’est une question de JOURS». Je peux accoucher d’un jour à l’autre. Lorsque bébé sera née, je vais devoir l’allaiter toutes les deux heures, voire plus si elle réclame plus. Je vais rapidement être épuisée physiquement. Au lieu de m’user en dormant trop peu, je ferais bien de justement me REPOSER en vue de jours prochains qui s’annoncent difficiles.»
J’ai donc été me coucher, tant pis pour Carlos Solis et pour la ceinture argentée.

J’ai eu raison.

Jeudi 25 novembre, rien de particulier. J’ai déposé Naska chez sa nounou. Je me suis fait un café au lait. J’avais du mal à marcher, et des vagues désagréables dans les reins. Peut-être un peu plus que les jours précédents?
Toujours pas chronométrable, quoi qu’il en soit. Et pour avoir déjà accouché une fois, je me disais que quand les douleurs deviendraient chronométrables, alors seulement il serait temps de partir à la mater’.
Dans la matinée, j’ai fabriqué 11m de biais pour «ourler» la surjupe violette de Naska, qui a une forme de marguerite si on la met à plat. J’ai galéré, par mon ruban de biais n’était pas assez large, et quasiment aucune des coutures n’a tenu : le tissu et le biais se sont détachés dès que je tirais un peu dessus pour tester la bonne tenue de l’ensemble. Il m’a fallu découdre et tout recoudre avec un point zigzag, bien laid, car ma machine est trop sommaire pour proposer des points de broderie.

A ce moment, j’ai posté sur Facebook le statut suivant : «cette robe est un massacre».

Je pense que je vais devoir acheter un galon argenté ou doré pour camoufler ces coutures disgracieuses. Jimmy en la voyant m’a d’ailleurs dit spontanément : «mais c’est l’envers, non? Sur le devant ça ne se verra pas». Détrompe-toi mon chéri, c’est bien l’endroit. Et c’est bien laid. Ça ne se verra pas sur les photos, mais on ne peut pas nier que c’est un travail de sagouin...
En début d’après-midi, j’ai levé les yeux de mon écran de télé et de mon ouvrage, pour voir virevolter de gros flocons blancs derrière la fenêtre.

A ce moment, j’ai posté sur Facebook le statut suivant : «IL NEIIIIIIGE!»

Et j’ai constaté que tous les statuts Facebook de mes contacts mentionnaient quelque chose du même genre, avec de légères variantes selon leur localisation géographique (pour ma soeur qui vit dans le massif des Bauges, en Savoie, c’était plutôt «tout est blanc») Pour les autres parisiens comme moi, la neige n’a évidement pas tenu.
Mais donc le 25 novembre, premières neiges de 2010. Premiers flocons, premiers vrais grands froids, et un peu de magie dans l’air.

A 17h00, la nounou a téléphoné pour demander qu’on vienne chercher Naska plus tard que d’habitude, car les enfants regardent Les Aristochats (DVD trouvé dans le sac de Naska. Ah bon? Quand l’y ai-je mis? Ah oui, quand on a été chez Thibault dimanche dernier, j’avais pris le DVD dans son sac au cas où elle se serait ennuyée) et qu’elle ne voulait pas que Naska pleure si elle devait partir avant la fin.
Donc OK, 1/2 heure de plus au chaud dans l’appartement, à coudre tranquillement en «écoutant» mon mal de dos, pas de souci.
J’ai ressenti de premières vraies «vagues», d’ailleurs. Plus fortes que les autres. J’ai tenté de me souvenir si cette fois, ça ressemblait à la sensation qui m’avait réveillée ce 1er octobre 2008 à 5h du matin. Si c’était la cas, ça me laissait 3-4 heures avant d’accoucher. Ce qui m’amenait dans la soirée, voire dans la nuit parce que là, c’était quand même loin d’être insupportable.
Quand Jimmy est donc parti chercher Naska chez sa nounou sur le coup de 18h, je lui ai demandé de la prévenir : pouvait-elle garder son portable allumé cette nuit? Nous avions convenu ensemble qu’en cas d’urgence obstétrique en pleine nuit, on lui apporterait Naska. Et je sentais qu’il était possible que ça soit pour ce soir, même sans certitude, mieux valait qu’elle reste joignable.
Crapulette et son papa sont donc rentrés à la maison quelques minutes plus tard, et Jimmy m’a confirmé que c’était OK, que wonder-nounou était au taquet, et qu’elle me suggérait de préparer tout de suite les affaires «de nuit» de Naska si besoin, pour m’éviter de devoir y penser dans l’urgence de 2h du matin. Sitôt dit sitôt fait, me voilà avec la valisette de bébé, ma propre valise dans laquelle il ne manquait que la trousse de toilette, et le sac de Naska en cas de séjour prolongé chez Nounou.

Alors que Jimmy et Naska jouaient à la bagarre et riaient fort, je me suis entendue lui dire que j’aurais bien aimé perdre les eaux, plutôt que de devoir compter les contractions. Parce qu’il se passait quelque chose dans mes reins, c’était certain, mais c’était pas calculable et j’avais peur de rater un «signe». Sans parler du «risque» de fausse alerte, de se dire «c’est maintenant», de déplacer Naska chez la nounou alors qu’on l’a récupérée y’a 10 minutes, d’aller à la mater’, de passer des heures sous monitoring et de rentrer à la maison sous prétexte qu’au final, c’était pas pour tout de suite. Alors que quand on perd les eaux, c’est maintenant, y’a juste pas moyen autrement. Au moins, on n’affole pas la terre entière pour rien!

Ne sous-estimez jamais le pouvoir de la pensée sur le corps : à cet instant : gros plouf.
Dans mon jean.
Trop cool.
Me voilà à courir aux toilettes, pendant que Jimmy défaisait les lacets de Naska pour lui mettre ses chaussons.
«Ne lui met pas les chaussons, j’ai perdu les eaux!» ai-je crié depuis les toilettes.
-    Tu es sûre?
-    Non, en fait, mais je viens de faire un gros plouf, et pas depuis ma vessie. Je ne vois pas ce que ça peut être d’autre.»

Je me suis rhabillée, pendant que Jimmy retirait les chaussons de Naska et lui renouait ses lacets.
Il lui a mis son manteau, elle était toute excitée. On sort se promener! Elle gigotait de partout, gambadait, courait d’un coin à l’autre de l’appartement pendant que Jimmy enfilait sa veste et réunissait les valises, et que moi j’essayais de rester calme le temps de peaufiner ma sortie : trousse de toilette, check. Dossier de santé grossesse, check. Carte vitale, check. Téléphone, check. Chargeur de téléphone (important, ça!) check.

On y va.

Nous voilà de retour chez Nounou, il est 18h30. Naska s’est mise à pleurer lorsqu’elle a réalisé qu’on allait la laisser à nouveau, alors qu’elle venait juste de nous retrouver.
Je l’ai serrée fort dans mes bras.
-    Maman et papa vont chercher le bébe qui est dans le ventre de maman, chérie. Ta petite soeur Léonie va arriver tout à l’heure. Ton papa reviendra te chercher demain matin. Je t’aime fort ma grande, sois courageuse...
Pauvre choupinette! Si grande et si petite à la fois!

Sur le chemin menant à la voiture, les larmes ont coulé toutes seules.
Voilà, c’est maintenant. Dans quelques heures, je ne serai plus enceinte, mais deux fois maman. Mon gros ventre sera mou et vide, mais je tiendrai ma fille dans mes bras.
Naska ne sera plus fille unique, mais une grande soeur. Elle devra apprendre à partager ses parents. Elle devra apprendre à vivre avec celle qui sera à la fois sa meilleure amie et sa pire ennemie. Pauvre petite Naska, quel bouleversement dans sa vie! Comprend-t-elle seulement ce qui se trame?

 

(A suivre)

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Published by Emilie - dans Enfants
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commentaires

Virginie 30/11/2010 15:07



J'ai le coeur tout gros en lisant ton récit, c'est trop émouvant... Quel chambardement pour Naska! Passer d'un coup du status de petite fille chérie unique, au status de grande fille dont les
parents doivent à présent se partager entre deux enfants, tout ça sur le temps d'une nuit chez la nounou.  Fais lui un gros bisou de ma part! 



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Jimmy, Emilie et leurs enfants

Destiné à la famille, vous y trouverez l'actualité de la petite famille Goudin-Lopez, organisée par catégories. Des histoires de bébés,  de couture, de déco, de patchwork, de cuisine (mais pas trop) et plein de photos. Pour vous tenir au jus!

On vous embrasse, bonne visite!

La Jimilie's Family.

portrait_naska.jpg

Naska

Née le : 01 octobre 2008
astro : Balance
Yeux : bleus ; Cheveux : blonds
Parrain : Thibault&Emeline
Marraine : Emilie&Patrick

*~~*0*~~*

portrait_leonie.jpg

Léonie

Née le : 25 novembre 2010
astro : Sagittaire
Parrain : Edouard&Peggie
Marraine : Jeanne

 

Le livre Naska

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